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Lorraine Gilbert
Paysages canadiens 1988 – 2013

Du 17 août au 27 octobre 2013

La photographie de paysage de Lorraine Gilbert explore la subtile interaction qu’entretiennent entre elles les topographies de nos habitats, de l’environnement et de la nature.

En 1987, alors qu’elle plantait des arbres en Colombie-Britannique, Lorraine Gilbert a entrepris un projet photo visant à documenter, sur une période de sept ans, l’industrie forestière du point de vue d’une planteuse d’arbres. Elle s’est inspirée de l’esthétique des vues panoramiques des premiers explorateurs du Far West ainsi que de l’approche artistique qu’Ansel Adam a utilisée devant la beauté sauvage des paysages montagneux encore en grande partie intacts même à l’aube du XXe siècle. Résultat de cette expérience, son œuvre Shaping the New Forest témoigne des effets à grande échelle que produit sur l’environnement l’exploitation des ressources naturelles qui prévaut au Canada. Vingt ans plus tard, Lorraine Gilbert constate que le nouveau paysage de sa province de résidence, le Québec, est modelé par plusieurs paramètres économiques. Les retombées du libre-échange et l’impact de la mondialisation ont donné lieu à une profusion de désastres culturels collectifs et locaux de par le monde : la fin des collectivités agricoles familiales et des petits villages desquels elles dépendaient, les pertes d’emplois occasionnées par la diminution des ressources primaires, l’exode des populations rurales vers les villes. La mondialisation a complètement fait basculer la richesse, provoquant le déclin d’une grande partie de l’Amérique du Nord. Et le Québec ne fait pas exception. Dans Le Patrimoine, on assiste à la lente transformation du paysage culturel sous l’effet de la collision des impératifs environnementaux et économiques. Passant du rural à l’urbain et présentant cette opposition en gros plan, la série The Messengers nous emmène visiter des endroits utilisés par des artistes du graffiti, pas pour admirer leurs œuvres déjà omniprésentes, mais pour voir les détritus qu’ils laissent derrière eux. Les photographies sont des reconstitutions esthétiques du sol sur lequel ils travaillent, leur atelier, pendant qu’ils exercent leur propre forme d’art politique et occupent l’espace public. Dans son œuvre la plus récente, Once (Upon) a Forest, un diptyque, Lorraine Gilbert adopte une approche totalement différente vis-à-vis du paysage. La haute résolution et la qualité plastique du processus de balayage photographique révèlent toute la complexité et la plénitude d’une forêt boréale mixte au cours d’une saison de croissance. En parallèle, on peut voir qu’en moins de 200 ans, des forêts comme celle-là ont été transformées en un grand nombre de terrains vacants, sans arbres et envahis par les mauvaises herbes, à la périphérie de tant de villes, comme celui-là, juste à l’ouest du centre-ville d’Ottawa, où foisonnent les herbes et les fleurs.

Pour cette exposition, EXPRESSION présente des photographies réalisées sur une période de 25 ans, soit de 1988 à 2013.

Visite commentée le samedi 14 septembre à 14 h
Vernissage le samedi 14 septembre à 15 h